Huile de palme/ As de la palme 2026  :  Aux côtés du ministre Bruno Koné, Ehania à l’honneur avec le sacre de Koffi Barré René

photo Grande Une Bruno Kone
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Au-delà du palmarès, cette dixième édition a remis au centre des débats la place des producteurs privés dans la consolidation de la filière. Le thème retenu : « Et si on parlait de lui ? Le planteur privé, source d’une filière palmier à huile durable en Côte d’Ivoire », a permis d’aborder les enjeux liés aux performances agricoles, à la professionnalisation des exploitations et à la protection de l’environnement. Dans le secteur du palmier à huile, les performances d’une exploitation ne se résument plus aux quantités récoltées. L’entretien des parcelles, le respect des techniques culturales, la traçabilité de la production et les pratiques sociales et environnementales occupent désormais une place importante dans l’appréciation du travail des planteurs. Le contrôle porte notamment sur la régularité des opérations d’entretien, l’application des recommandations techniques et la préservation des espaces naturels. La protection des forêts et des cours d’eau, ainsi que le respect des zones protégées, constituent également des éléments d’évaluation.

Cette évolution répond aux exigences croissantes des marchés en matière de traçabilité des matières premières et de lutte contre la déforestation. Pour les producteurs, il s’agit de concilier l’amélioration des rendements avec une gestion responsable des terres exploitées. Le président du conseil d’administration du groupe Sifca, Alassane Doumbia, a rappelé les efforts engagés en matière de surveillance environnementale. Selon les chiffres qu’il a présentés, 14 millions d’hectares font l’objet d’un suivi satellitaire dans les quatre pays africains où le groupe exerce des activités de plantation. Cette initiative accompagne l’ambition du groupe d’atteindre zéro déforestation d’ici à 2030. La concrétisation de cet objectif repose notamment sur la participation des planteurs et des communautés riveraines. Des investissements pour améliorer la production La reconnaissance des meilleurs producteurs s’inscrit dans une politique d’accompagnement plus large.

 Palmci affirme soutenir ses partenaires à travers des dispositifs d’assistance technique, des actions de renouvellement des plantations et des investissements destinés à faciliter l’évacuation des récoltes. Son directeur général, Lacina Coulibaly, a souligné le poids économique des revenus versés aux acteurs de la filière. « Chaque année, ce sont 90 milliards de francs CFA qui leur sont versés et qui irriguent l’économie de nos régions », a-t-il déclaré. L’entreprise annonce également un budget annuel de 3 milliards de FCFA consacré à l’assistance technique des producteurs, dont 50 % sont financés par la parafiscalité de la filière. En parallèle, 27 000 plantations ont déjà été géolocalisées, selon les données communiquées par la direction générale. L’objectif est de mieux identifier les exploitations et de garantir une meilleure traçabilité de la production. Les infrastructures rurales figurent aussi parmi les priorités. Palmci indique consacrer chaque année 2 milliards de FCFA à l’entretien des routes qui desservent les plantations. L’amélioration de ces voies doit faciliter le transport des régimes vers les unités de transformation et limiter les difficultés d’approvisionnement.

 Depuis 2016, l’entreprise déclare par ailleurs avoir engagé environ un milliard de FCFA dans l’organisation de la Journée du planteur et les récompenses attribuées aux lauréats. Ces investissements visent à soutenir la productivité des exploitations et à améliorer les conditions dans lesquelles les planteurs assurent leurs activités. La viabilité de la filière dépend aussi de la capacité des producteurs à tirer des revenus satisfaisants de leur travail. Lors de la cérémonie, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a insisté sur la nécessité de faire de l’augmentation de la production un facteur d’amélioration des conditions de vie. « Produire davantage doit nous permettre de mieux vivre », a-t-il déclaré.

Cette ambition implique de prendre en compte l’ensemble des contraintes économiques qui pèsent sur les exploitations. L’augmentation des rendements peut avoir une portée limitée si les charges de production sont trop importantes ou si l’acheminement des récoltes reste difficile. Le ministre a ainsi souligné l’importance de débouchés fiables, d’une pesée équitable, d’une information transparente sur les prix et du paiement des livraisons dans les délais convenus. Ces conditions sont essentielles pour maintenir des relations de confiance entre planteurs et industriels. L’accès à du matériel végétal de qualité, au financement, à la formation et à la mécanisation constitue également un enjeu majeur.

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La sécurisation foncière et l’adaptation aux changements climatiques figurent parmi les autres leviers à mobiliser. Dans cette perspective, le Programme Palmier Ivoire (PPI), lancé en 2024 avec le soutien de la Banque mondiale, a ouvert des possibilités de formation à plus de 1 500 jeunes, selon les informations communiquées par le ministre. Le programme vise à développer les compétences nécessaires à la gestion des exploitations et à favoriser le renouvellement des générations dans le secteur. Les planteurs privés, indispensables à l’industrie Le poids des producteurs privés dans l’économie du palmier à huile se reflète dans leur contribution à l’approvisionnement industriel. Selon Palmci, environ 30 000 planteurs partenaires fournissent près de 75 % des volumes nécessaires au fonctionnement de ses usines. Leur capacité à maintenir et à développer leur production représente donc un enjeu stratégique pour la filière.

Le renouvellement des plantations, l’accès aux intrants et l’amélioration des techniques agricoles sont autant de facteurs susceptibles de renforcer les performances du secteur. La valorisation locale des productions constitue un autre axe de développement. D’après les chiffres présentés par le ministre, plus de 80 % de la production ivoirienne d’huile de palme est transformée en produits finis. Il a néanmoins invité les acteurs à mieux exploiter les coproduits, les sous-produits et les déchets afin de limiter les pertes et de générer davantage de valeur ajoutée. Le groupe Sifca entend également poursuivre ses interventions au sein des communautés, notamment dans l’éducation, la santé, le sport, la protection de l’environnement et l’autonomisation des femmes. La remise d’une distinction spécifiquement consacrée aux femmes a, par ailleurs, permis de souligner leur contribution à cette activité économique.

 Lancée à Tabou en 2016, la Journée du planteur célèbre ainsi sa dixième édition dans un contexte où les exigences économiques et environnementales redéfinissent progressivement les conditions de réussite des exploitations. Le prix remporté par Koffi Barré René vient consacrer un producteur dans ce contexte de transformation. Pour l’ensemble de la filière, le défi reste désormais de consolider les rendements, de préserver les ressources naturelles et d’assurer aux planteurs une rémunération à la hauteur de leur contribution à l’économie nationale.

Rodrigue Cofye