Engagée dans un processus de modernisation et de sécurisation de son système d’immatriculation, la Côte d’Ivoire accélère la digitalisation des procédures et le renforcement de la traçabilité des véhicules. Depuis janvier 2026, 222 578 véhicules ont déjà été immatriculés, dont 93 133 engins à deux et trois roues. Les enjeux de cette réforme ont été expliqués le mardi 22 septembre 2026 par SACKO Oumar, directeur général des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTCI), lors de l’émission « Tout Savoir Sur » du CICG.
La Côte d’Ivoire poursuit la transformation de son système d’immatriculation. De janvier au 22 septembre 2026, 222 578 véhicules ont été immatriculés, selon les chiffres communiqués mardi par SACKO Oumar, lors de l’émission hebdomadaire « Tout Savoir Sur », organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG) au SIGFU d’Abidjan-Plateau. Dans le détail, ce volume comprend 86 739 véhicules neufs, 42 706 véhicules d’occasion et 93 133 engins à deux et trois roues. Cette évolution s’inscrit dans une réforme destinée à rendre les procédures plus rapides, plus traçables et davantage sécurisées. Au cœur de cette transformation figure la digitalisation du processus d’immatriculation au niveau du Guichet Unique Automobile (GUA). Déployé depuis le 1er décembre 2025, le projet « BUS PRIMO » vise à interconnecter les différents acteurs du GUA au sein d’un système informatique unique.
L’objectif est notamment d’améliorer la traçabilité des opérations, de renforcer la transparence des procédures et de réduire les délais de traitement. Pour SACKO Oumar, l’enjeu dépasse toutefois la seule délivrance d’une plaque d’immatriculation. « L’immatriculation constitue l’acte administratif qui permet d’identifier officiellement un véhicule et son propriétaire. Elle confère au véhicule son identité légale et autorise sa circulation sur la voie publique », a-t-il expliqué. Le responsable estime ainsi que l’immatriculation joue désormais un rôle important dans la gouvernance du parc automobile et la sécurité routière. « Au-delà de sa dimension administrative, l’immatriculation constitue aujourd’hui un véritable outil de gouvernance », a-t-il souligné. Le dispositif doit notamment contribuer à une meilleure connaissance du parc automobile et au renforcement de la lutte contre les véhicules en situation irrégulière, les falsifications de plaques et l’utilisation de véhicules non identifiés dans des activités criminelles.
Parallèlement à la digitalisation, plusieurs mesures spécifiques ont été mises en place. C’est le cas de l’immatriculation accélérée des véhicules neufs, instaurée dans le cadre de l’arrêté n°0022/MT/CAB du 18 août 2025. Cette procédure permet aux concessionnaires automobiles agréés d’effectuer certaines formalités en amont afin de réduire les délais de délivrance des documents administratifs. Selon les chiffres communiqués, 21 619 véhicules ont déjà été enregistrés dans ce cadre, avec 20 509 immatriculations générées et 13 582 plaques posées. La régularisation des motos constitue également un volet de cette politique. Depuis le 22 septembre 2022, un site d’immatriculation spéciale a été ouvert à la Préfecture de Police d’Abidjan pour prendre en charge les motos circulant sans plaque. Le dispositif a permis jusqu’à présent de régulariser et d’immatriculer 40 253 motos, selon SACKO Oumar.
Une opération particulière concerne par ailleurs les véhicules privés des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Elle vise notamment à lutter contre la circulation de véhicules arborant des plaques banalisées ou falsifiées. Depuis janvier 2026, des sites dédiés ont été aménagés au camp d’Agban, au nouveau camp d’Akouédo et à la BAE de Yopougon. 18 706 véhicules ont été enregistrés, dont 10 856 effectivement immatriculés. Cette réforme s’inscrit dans une évolution historique du système ivoirien d’immatriculation. Plusieurs formats de plaques ont été utilisés au fil des décennies, avec notamment des références telles que B430, CI01 ou CI06. Au début des années 1990, une nouvelle réforme a conduit à l’introduction de nouveaux formats, notamment les plaques communément appelées « plaques bleues », largement utilisées pendant plusieurs décennies.

Depuis janvier 2023, une nouvelle génération de plaques à fond blanc est progressivement déployée. Cette évolution s’est accompagnée du Nouveau système d’immatriculation initiale des véhicules (NSIIV), dont une phase pilote a été lancée en avril 2023. Elle vise notamment à renforcer la sécurisation du système et à améliorer la traçabilité des véhicules. Pour SACKO Oumar, l’ensemble de ces réformes participe à la construction d’un dispositif plus adapté aux exigences actuelles. « Ces chiffres et ces réformes témoignent de la volonté constante du Gouvernement de bâtir un système d’immatriculation moderne, fiable et sécurisé », a-t-il déclaré.
À travers la digitalisation, l’accélération des procédures et les opérations de régularisation, l’enjeu est désormais de disposer d’un système permettant à la fois de faciliter les démarches des usagers, de mieux suivre l’évolution du parc automobile et de renforcer les mécanismes de contrôle et de sécurité sur les routes ivoiriennes.
Julien Koffi
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