Une animation d’indignation a éclos ce vendredi autour du marché central « Tchedal » de Korhogo, au nord du pays. Des représentants de la Coordination des opérateurs de commerçants de Côte d’Ivoire (COCOM-CI), district des Savanes (Poro, Tchologo, Bagoué), dénoncent l’occupation anarchique des trottoirs et des routes entourant le marché, faisant craindre pour la sécurité des usagers et l’accessibilité du lieu.

Des témoignages concordants font état d’un spectacle quotidien où brouettes et marchandises s’installent durablement sur les voies publiques. « Le marché est difficilement accessible entre 10h et 15h, et jusqu’à la tombée de la nuit », déplore Soro Fousseni, président régional et secrétaire général du COCO-CI, qui insiste sur l’incivisme croissant des commerçants ambulants. Motos et clients peinent à trouver leur passage, et les rues se retrouvent saturées, au grand dam des habitants et des usagers.
Pourtant, certains marchands opposent une ligne différente : « C’est faux, nous opérons ici depuis plus de 30 ans, et nous recevons les clients. Mais c’est de l’anarchie pure », affirment-ils, apportant un contrepoint au récit de l’occupation ponctuellement anarchique des espaces publics. Face à la situation, des travaux de bitumage en cours dans certaines ruelles n’auraient pas suffi à contenir la pression des flux humains et matériels, notamment avec les engins des entreprises de voirie et leurs bennes qui croisent l’espace des trottoirs.
Les autorités locales et les opérateurs économiques appellent à un encadrement plus ferme des activités autour du marché. « Nos messages de sensibilisation restent lettres mortes. Nous exhortons les autorités compétentes à nous aider à encadrer ces commerçants, car ils sont régulièrement exposés à des accidents », explique le doyen Soumaila Konaté, commerçant depuis quarante ans au Tchedal et membre du bureau régional du COCO-CI. Il souligne aussi le risque en cas d’incendie : « il serait difficile d’accéder rapidement au marché si les abords restent encombrés ».
Un agent des forces de défense et de sécurité, présent sur place avec son épouse lors d’un achat, confirme la proximité du phénomène avec le quotidien des Korhogolais et rappelle l’importance d’un cadre clair pour assurer l’ordre et la sécurité des lieux.
Sur le terrain, les interlocuteurs demandent des mesures concrètes : délimitations claires des zones de déchargement, gestion des flux piétons et véhicules, et, le cas échéant, création de zones commerciales encadrées pour les marchands ambulants. L’objectif est simple mais ambitieux : libérer les voies publiques pour le bien de tous, tout en préservant l’activité économique des marchands et la sécurité des riverains.

À l’heure où les travaux de réfection progressent, la question demeure : comment concilier développement urbain, sécurité publique et droit au travail des marchands dans un marché aussi stratégique que Tchedal? Les prochains jours pourraient voir les autorités locales proposer des solutions, en concertation avec le COCO-CI et les acteurs du marché, afin de réconcilier flux commerciaux et accessibilité des lieux.
Aly Ouattara, correspondant District Automne des Savanes
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